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Policy Paper
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), affirment l’ambition de bâtir une souveraineté nationale qui leur permettrait de s’émanciper de la domination et des influences extérieures et de se doter d’une liberté d’action dans les choix de développement politique et économique. Cependant, cette ambition se heurte à de nombreuses contraintes économiques et sécuritaires.
La souveraineté ne peut se construire sans une base économique solide qui, elle-même, dépend des capacités de maîtrise des ressources naturelles dont disposent ces pays. Les économies du Sahel demeurent dépendantes des exportations de matières premières (or, uranium, coton) et de bétail. La transformation structurelle de systèmes productifs indispensables à l’émancipation économique se heurte à la complexité du processus de diversification économique et de création des chaînes de valeur locales ou régionales. La question de la souveraineté est aussi tributaire du contrôle interne sur les finances et la monnaie. La mobilisation des ressources internes s’impose pour sortir de la dépendance à l’aide et d’une politique de change sous contrainte. La perspective d’une monnaie commune en dehors du franc CFA implique la mise en place d’une banque centrale régionale, d’une politique monétaire crédible et de mécanismes de stabilisation macroéconomique.
Enfin, la lutte contre le jihadisme reste la priorité des priorités. Malgré les progrès enregistrés dans la coopération militaire, les groupes armés conservent une capacité d’action importante. Le renforcement d’une force commune réellement intégrée, dotée d’un commandement unifié et de moyens autonomes est une condition essentielle pour le contrôle effectif des territoires et la restauration de la cohésion sociale entre communautés. Elle constitue également un des piliers de la stabilité et de la stratégie de conquête de la souveraineté.

