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La permanence stratégique du terrain, de Sun Tzu à l’ère satellitaire: l’exemple par le château de « Beaufort » au Liban
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June 19, 2026

Fin mai 2026, des frappes israéliennes ont visé les abords du château de Beaufort (Qalaat al-Chaqif), près de Nabatiyeh, avant que l'armée israélienne n'en annonce la prise. Ce fait soulève une question centrale : pourquoi une hauteur fortifiée au Moyen Âge conserve-t-elle une valeur militaire à l'ère des satellites, des drones et des missiles de croisière ?

Le présent Policy Brief tente de démontrer que la valeur de Beaufort est géographique avant d'être idéologique ou technologique. Dominant la vallée du Litani à plus de 700 mètres d'altitude, le site offre trois avantages classiques et permanents : l'observation des mouvements, l'interdiction des axes et la protection de la force occupante. Cette logique a prévalu de l'époque des Croisés jusqu'aux opérations israéliennes de 1982, puis à la reprise du site en 2026.

En rappelant Sun Tzu, Clausewitz et Jomini, Ce papier établit que le terrain reste un principe fondamental de la stratégie militaire. La technologie transforme les procédés mais ne supprime pas les fonctions : voir, interdire, tenir, contrôler. La guerre en Ukraine le confirme : Bakhmout et Avdiivka rappellent que la conquête d'un terrain reste coûteuse et lente, même avec les armements les plus sophistiqués.

La dépendance croissante aux systèmes électromagnétiques redonne paradoxalement de l'importance au relief, qui devient interface entre physique et brouillage, entre capteurs et ondes. La frappe à distance détruit, mais ne tient pas : contrôler un espace exige encore une présence physique.

Introduction 

Fin mai 2026, le château de Beaufort, connu localement sous le nom arabe de « Qalaat al-Chaqif », s’est invité  au centre de l’actualité militaire du Sud-Liban. Des frappes israéliennes ont visé les abords de cette forteresse médiévale située près de Nabatiyeh, puis l’armée israélienne a annoncé avoir pris le site et la hauteur stratégique qui le porte. Cette évolution a immédiatement donné à ce lieu, une double signification, qui transcende toutes les interprétations politiques relatives aux victoires et défaites de l’une ou de l’autre des parties en conflit. Cette double signification aborde la valeur intrinsèque du lieu par son histoire et son utilité stratégique. Beaufort a, en effet, une valeur patrimoniale, d’abord parce qu’il appartient à la longue histoire des fortifications du Levant ; militaire, ensuite, parce que sa position continue d’offrir un avantage opérationnel dans un théâtre où se croisent manœuvre terrestre, drones, roquettes, artillerie, renseignement et guerre électronique.[1]

Les différents récits, anciens comme actuels, sur le rôle de ce site dans la guerre, soulèvent une question plus générale : pourquoi, à l’époque des satellites de surveillance, des drones de reconnaissance et d’attaque, des missiles de croisière et des frappes de précision, une hauteur rocheuse fortifiée au Moyen Âge reste-t-elle militairement significative ? Cette question appelle d’autres interrogations :

  • s’agit-il d’une question de permanence de concepts de la guerre et de ses modalités relatives aux contraintes physiques de l’espace que la technologie transforme, mais qu’elle ne supprime pas ? et/ou ;
  • devons-nous nous résigner à l’hypothèse que la technologie modifie la manière d’observer, de frapper, de coordonner et de protéger mais qu’elle ne remplace pas entièrement la nécessité de tenir, interdire, surveiller et de durer ?

Au vu de ces questionnements, Beaufort est donc plus qu’un château, plus qu’une simple fortification. C’est un cas d’école. Il montre que le terrain n’est pas un résidu prémoderne dans la stratégie militaire. Il reste une structure de contrainte et d’opportunité. Le relief, les vallées, les lignes de crête, les coupures humides et les axes de circulation continuent d’organiser la manœuvre. Même lorsque la guerre devient satellitaire, numérisée et électromagnétique, les forces doivent encore passer par des lieux, occuper des positions, sécuriser des itinéraires, protéger des arrières et observer des mouvements.

Pour tenter de répondre aux questions posées plus haut, et d’étudier les hypothèses qu’elles sous-tendent, ce Papier examinera, dans un premier temps, quoique brièvement, la valeur géographique et militaire de Beaufort, au-delà des périodes et des idéologies, avant d’examiner l’importance permanente du terrain en matière de stratégie militaire. Dans un troisième temps, le Policy Brief se penchera sur l’apport de la technologie en matière de stratégie militaire. En guise de conclusion, seront dégagées les leçons à retenir de la longévité stratégique du site étudié.

1-Beaufort : une position dont la valeur militaire transcende le temps et précède les idéologies

La forteresse de Beaufort a toujours prévalu par sa géographie, quel que soit celui qui l’occupe, quelle que soit sa doctrine et quels que soient le moment et les technologies militaires de ce moment de l’histoire. 

1.1 Une forteresse née de la géographie

Par sa topographie, Beaufort, qui a traversé des âges de conflictualité religieuse, idéologique et militaire, domine un paysage qui explique sa longévité stratégique. La forteresse se dresse sur un promontoire rocheux à plus de 700 mètres d’altitude, selon les descriptions contemporaines, au-dessus de la vallée du Litani et à proximité de Nabatiyeh. L’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) présente « Qalaat al-Chaqif » comme une position commandant visuellement un large environnement régional. Les sources patrimoniales rappellent que le site est un exemple majeur de fortification médiévale au Proche-Orient, notamment par son association avec l’architecture militaire de l’époque des Croisades.[2]

Différentes sources indiquent que le site semble avoir existé avant l’arrivée des Croisés ; mais c’est surtout sa prise par Foulque d’Anjou, roi de Jérusalem, en 1139, qui semble l’événement le plus retenu dans les récits historiques. En 1179, des Croisés rescapés de la bataille de Marjayoun s’y réfugient pour échapper aux troupes de Saladin, lequel s’en empare en 1190. Le château revient ensuite aux Croisés vers 1240, avant d’être vendu aux Templiers en 1260. En 1268, le sultan mamelouk Baybars s’en rend maître. Ce passage de main en main confirme que la valeur du site persistait à travers les époques et transcendait les doctrines : Beaufort s’est toujours prévalu de sa géographie.[3]

Cette géographie offre trois avantages classiques en termes de stratégie militaire : 

  • d’abord, l’observation : depuis une hauteur, on voit venir, on surveille les axes et l’on repère les mouvements ;
  • ensuite, l’interdiction : celui qui tient la hauteur peut menacer les passages, les vallées et les approches et ;
  • enfin, la protection : l’assaillant doit monter, s’exposer et perdre du temps. 

Beaufort est donc une position militaire avant d’être un symbole.

1.2 Le XXe siècle : la permanence d’un site ancien dans des guerres nouvelles

La modernité n’a pas effacé cette logique. Pendant la guerre civile libanaise et dans le contexte des confrontations israélo-palestiniennes, Beaufort a toujours gardé une fonction militaire. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) y a tenu des positions à partir des années 1970. Lors de l’opération israélienne « Paix en Galilée » en juin 1982, la forteresse et ses abords ont été bombardés puis pris par l’armée israélienne. L’intérêt n’était pas archéologique : il s’agissait de contrôler une hauteur permettant d’observer et de dominer une partie du Sud-Liban et de la frontière nord d’Israël.[4]

L’armée israélienne a ensuite aménagé la zone en poste militaire, avec des infrastructures adaptées à la guerre contemporaine. Lors du retrait du Sud-Liban en mai 2000, la base installée près du château a été détruite afin d’éviter sa réutilisation. Le fait même de détruire une base au moment de quitter une hauteur prouve que l’acteur qui l’abandonne reconnaît encore sa valeur. Beaufort devient alors un lieu de mémoire, de confrontation symbolique et d’observation stratégique.[5]

En 2026, cette mécanique se répète dans un environnement technologique beaucoup plus dense. Les drones, les missiles, les moyens de surveillance et les systèmes de communication n’ont pas rendu Beaufort indifférent. Au contraire, ils ont réinséré cette hauteur dans un système de combat plus large. Une crête n’est plus seulement un lieu où l’on place des soldats ; elle peut devenir un nœud d’observation, de capteurs, de relais, de protection, de brouillage ou de coordination.

2- La permanence stratégique du terrain : ce que la technologie ne dissout pas

La technologie peut utiliser le relief ou modifier son utilisation, mais elle ne peut pas dissoudre son importance et ses fonctions. La nature du terrain définit les modes de son occupation, sa conservation et sa protection. C’est le relief qui définit la technologie à utiliser et non le contraire.

2.1 Le terrain autorise ce que la technologie, seule, ne peut pas permettre

Si erreur de perception il y a, elle consiste à faire l’économie de la distinction entre la capacité de frappe et la capacité de contrôle. Une armée peut, en effet, frapper loin sans tenir durablement. Elle peut détruire une position sans l’occuper. Elle peut observer par satellite sans disposer d’une perception tactique continue au sol. La technologie étend l’espace de la guerre, mais le contrôle reste lié à la présence effective sur le terrain, à la manœuvre physique et à la durée d’occupation de l’espace.

Dans le cas de Beaufort, son occupation permet d’observer les mouvements autour du Litani, peser sur les axes entre le sud et l’intérieur du Liban, couvrir des approches, surveiller des localités, protéger des forces avancées ou interdire des infiltrations. C’est ici que le terrain reste décisif ; il permet le contrôle. Ce que les moyens technologiques, seuls, ne permettent pas. Un satellite, quels que soient sa dimension, son équipement ou la permanence de son orbite, et quel que soit l’armement qui y est associé, ne peut offrir, en termes de domination stratégique sur le Sud-Liban, les mêmes avantages qu’offre l’occupation physique du château de Beaufort.

2.2 De Sun Tzu à Clausewitz : le relief, un élément permanent en stratégie

Quasiment tous les stratèges se sont accordés sur l’importance du terrain, de la topographie et du relief :

  • Sun Tzu consacre une place importante au terrain parce qu’il comprend que la guerre n’est jamais une abstraction. Les armées se déplacent dans des espaces qui favorisent ou pénalisent la manœuvre. Les hauteurs, les défilés, les terrains ouverts, les zones resserrées et les distances modifient la décision du chef. Son intuition demeure valable : celui qui occupe une position favorable peut voir plus tôt, économiser ses forces et imposer à l’adversaire un effort supplémentaire ;[6]
  • de son côté, Clausewitz permet de comprendre le terrain comme producteur de friction. La guerre est simple dans ses plans, mais difficile dans son exécution. Or, le terrain est l’un des lieux majeurs de cette difficulté : ravins, crêtes, fleuves, sols, végétation, routes détruites, villages fortifiés ou lisières de forêt ralentissent les forces et déforment les plans. La technologie peut réduire certaines incertitudes, mais elle ne supprime pas le poids du réel sur les corps, les véhicules, les chaînes logistiques et les unités ;[7]
  • Jomini ajoute une autre dimension : les lignes d’opération. Les armées ne se contentent pas d’occuper des points ; elles vivent par des axes, des flux, des approvisionnements et des itinéraires. Une hauteur comme Beaufort vaut parce qu’elle se rapporte à des lignes : vallées, routes, passages, couloirs de circulation, accès vers Nabatiyeh, Litani, Galilée ou Zahrani. La position n’a de sens que par ce qu’elle voit et par ce qu’elle peut menacer.[8]

2.3 La guerre d’Ukraine : un rappel contemporain

La guerre d’Ukraine a rappelé, de façon brutale, que les technologies les plus modernes ne dissolvent pas la géographie. Drones, satellites commerciaux, artillerie guidée, munitions rôdeuses, guerre électronique et renseignement numérique coexistent avec les tranchées, les villages détruits, les forêts, les coupures humides, les digues, les hauteurs et les lignes de défense. La conquête d’un terrain reste coûteuse, lente et parfois disproportionnée par rapport à sa taille apparente.[9]

Bakhmout, Avdiivka ou encore les lignes fortifiées du Donbass ont montré que quelques kilomètres, une zone urbaine ou une hauteur peuvent absorber des moyens considérables. Le terrain ne compte donc pas moins à l’ère technologique. Il compte autrement : il devient à la fois support de capteurs, protection contre l’observation, obstacle à la manœuvre, cible de feu, écran contre le brouillage et multiplicateur de l’avantage défensif.

3- Ce que la technologie change réellement

3.1 Les satellites et les drones réduisent la surprise, mais ils ne peuvent faire l’économie d’une adaptation au terrain

La surveillance satellitaire et les drones ont profondément changé la guerre. Ils réduisent la surprise stratégique, accélèrent la circulation du renseignement et permettent de frapper des objectifs identifiés avec une précision croissante. Ils rendent aussi plus vulnérables les positions fixes et les concentrations de forces. Une hauteur n’est donc plus automatiquement un refuge. Elle peut devenir une cible.

Cette vulnérabilité nouvelle ne signifie pas que la hauteur perd toute valeur mais plutôt qu’elle dépend de son intégration dans un dispositif plus mobile, mieux camouflé, mieux protégé et mieux relié. Une position dominante ne vaut plus seulement par ses murs ou par sa pente ; elle vaut par les capteurs qu’elle accueille, les vues qu’elle ouvre, les relais qu’elle permet, les couloirs qu’elle surveille et la capacité de la force à éviter de devenir une cible statique.

3.2 La frappe à distance détruit mais ne tient pas

Le missile, l’artillerie de précision ou le drone suicide peuvent neutraliser une position. Ils ne peuvent pas, à eux seuls, contrôler un espace. Cette distinction est essentielle. Détruire n’est pas tenir ; observer n’est pas interdire ; frapper n’est pas gouverner le terrain. Toute stratégie qui confond destruction et contrôle risque de gagner des effets immédiats sans produire une présence durable.

C’est, pourquoi, les forces terrestres restent nécessaires lorsqu’un acteur veut établir un périmètre, sécuriser un axe, empêcher l’infiltration, protéger des localités ou peser sur une négociation par un fait accompli territorial. Dans le cas de Beaufort, la conquête ou la tenue de la crête ne remplace pas les technologies ; elle leur donne un ancrage spatial.

3.3 La guerre électronique redonne de l’importance au relief

La dépendance aux systèmes de positionnement, aux transmissions et aux drones a fait de la guerre électronique une dimension centrale des conflits contemporains. Brouillage GPS, perturbation des communications, détection de signaux et lutte anti-drone modifient la valeur du terrain. Le relief peut masquer, protéger, canaliser ou gêner les ondes. Il peut aussi offrir des points élevés pour la détection, les relais ou l’interception.[10]

Paradoxalement, plus la guerre devient technologique, plus le terrain retrouve une fonction d’interface entre le physique et l’électromagnétique. Le sol, les crêtes, les vallées et les obstacles naturels ne sont pas seulement des réalités tactiques ; ils deviennent aussi des paramètres techniques de la connectivité, de la détection et du brouillage.

Conclusion 

 « Beaufort » comme leçon stratégique : permanence des principes et mutation des procédés

Le château de Beaufort illustre une distinction fondamentale entre les principes et les procédés. Les procédés changent avec les techniques : la muraille médiévale, le bunker en béton, le radar, le drone, le capteur thermique, le relais de communication ou le système de brouillage ne relèvent pas du même âge militaire. Mais les principes demeurent : voir, protéger, interdire, durer, contraindre l’adversaire, contrôler un axe, utiliser la hauteur pour économiser ses forces et imposer un coût à l’assaillant.

La stratégie obéit souvent à une logique paradoxale : l’avantage devient vulnérabilité dès que l’adversaire s’adapte. Une hauteur peut protéger, mais elle peut aussi attirer le feu. Elle permet d’observer, mais elle peut exposer. Elle donne un ascendant tactique, mais elle exige des moyens de défense. Ce paradoxe ne disqualifie pas le terrain ; il impose de le penser dans une relation dynamique avec l’ennemi et avec la technologie.[11]

Le cas libanais est particulièrement révélateur, parce qu’il ne relève pas d’une guerre symétrique classique. Le Hezbollah a construit une partie de sa puissance sur la capacité à exploiter les reliefs, les localités, les vallées, les réseaux souterrains, la dispersion et l’ambiguïté entre présence militaire et environnement civil. Pour un acteur asymétrique, le terrain permet de compenser une infériorité conventionnelle. Pour une armée régulière, il devient à la fois objet de conquête, contrainte de protection et source de vulnérabilité.

Dans ce type de guerre, la topographie ne se limite pas à la carte. Elle inclut les villages, les routes, les mémoires locales, les zones de refuge, les itinéraires de repli et les perceptions des populations. La géographie militaire rejoint alors la géographie politique. Une hauteur peut être utile militairement, mais sa prise peut produire des effets symboliques, diplomatiques et patrimoniaux dépassant son intérêt immédiat. Beaufort en est l’exemple parfait : forteresse, poste d’observation, symbole d’occupation, objet patrimonial et enjeu de communication.

Il faut donc éviter deux erreurs opposées. La première serait de croire que la technologie a rendu le terrain obsolète. La seconde serait de croire que la géographie agit aujourd’hui comme elle agissait au XIIe ou au XIXe siècle. La vérité stratégique se situe entre les deux : le terrain demeure, mais sa valeur est transformée par les systèmes qui l’observent, le frappent, le brouillent, le connectent et le défendent.

Beaufort ne prouve pas que la guerre moderne serait un retour pur et simple au Moyen Âge. Il prouve plutôt qu’une position médiévale peut être réinscrite dans une architecture de guerre contemporaine. 

La permanence n’est pas celle des formes mais celle des fonctions.

Le château de Beaufort n’est pas un anachronisme stratégique. Il est la démonstration d’une permanence : la guerre, même numérisée, reste attachée à des lieux. Satellites, drones, missiles, capteurs et brouillages ont transformé les manières de voir et de frapper, mais ils n’ont pas supprimé la nécessité de contrôler des hauteurs, de sécuriser des axes, de protéger des approches et de tenir des positions.

La leçon de Beaufort n’est donc pas que la géographie aurait triomphé de la technologie. Elle est plus subtile : la géographie survit en se combinant à la technologie. Une crête peut devenir poste d’observation, base de capteurs, relais de communication, point de brouillage, cible de précision et symbole politique. C’est précisément parce qu’elle est tout cela à la fois qu’elle conserve sa valeur.

À l’ère satellitaire, le terrain ne compte pas moins ; il compte autrement. Celui qui le comprend peut articuler observation, présence, protection et interdiction. Celui qui l’oublie risque de confondre la capacité de frapper avec la capacité de contrôler. Beaufort rappelle alors une vérité simple, mais souvent négligée : les armées peuvent voir depuis l’espace, mais elles doivent encore gagner, tenir et comprendre le sol, la terre.

 


 


[1] Orient Today, ‘’In south Lebanon, Israel’s bombardment threatens Beaufort Castle’’, 29 mai 2026; 

Associated Press, ‘’Israeli army captures strategic castle in Lebanon…’’, 31 mai 2026. 

[2] UNESCO World Heritage Centre, notice ‘’Qalaat Al Chakif (Beaufort Castle)’’; la notice situe le site près de Nabatiyeh et le décrit comme une position dominante du Mont Amel.

[3] Museum With No Frontiers / Sharing History, ‘’Beaufort Castle’’; UNESCO World Heritage Centre, 

[4] Yezid Sayigh, ‘’Israel’s Military Performance in Lebanon, June 1982’’, Journal of Palestine Studies, vol. 13, no 1, 1983.

[5] Associated Press, 31 mai 2026: rappel de la capture de Beaufort par l’armée israélienne en 1982 et de son maintien jusqu’au retrait israélien du Liban en 2000.

[6] Sun Tzu, ‘’L’Art de la guerre’’, chapitres X et XI, consacrés aux formes du terrain et aux situations stratégiques.

[7] Carl von Clausewitz, « De la guerre », livre I, chap. 7, sur la friction : l’exécution réelle de la guerre est rendue difficile par les résistances du réel.

[8] Antoine-Henri de Jomini, « Précis de l’art de la guerre », 1838, notamment sur les lignes d’opération et les points décisifs.

[9] Le Grand Continent, « Cartographier la guerre en Ukraine : de l’invasion échouée au front bloqué », 16 février 2024.

[10] Ministère français des Armées, « L’appui géographique des forces armées », 2013; Philippe Boulanger, travaux sur la géographie militaire et la géo-tactique.

[11] Edward Luttwak, ‘’Strategy: The Logic of War and Peace, Harvard University’’ Press, 1987 ; trad. française : « La stratégie: la logique de la guerre et de la paix », Odile Jacob, 2001.

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