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Robert E .Hall et Michael Woodford, Prix Nobel d’Économie 2026
October 26, 2026

Depuis que l’économie a été reconnue par les Nobel en 1969, il revient à cette discipline de clore les cérémonies annuelles d’attribution des Prix aux lauréats. C’est le 12 octobre 2026 que le jury du prix de la Banque de Suède, en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, a consacré deux Américains Prix Nobel de l’économie : Robert E. Hall et MichaelWoodford, pour leur contribution aux « fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique de la stabilisation ».

Le choc pétrolier de 1973, aboutissant à la stagflation, va mettre à mal les recettes keynésiennes de l’après-guerre. Mais, à la différence de nombreux   Keynésiens qui désiraient tourner la page du Maitre de Cambridge, nos deux lauréats vont chercher à donner une nouvelle dimension à son analyse, à partir d’une approche micro économique comportementale des individus et des entreprises. Et ils vont agir en complémentarité, Robert E .Hall, en privilégiant la demande, Michael Wood, l’offre.

Robert E .Hall enseigne toujours à l’université de Stanford (Californie), aux États-Unis, après avoir soutenu sa thèse de doctorat, sous la direction de Robert Solow, Prix   Nobel d’Économie en 1987. Ses travaux vont porter principalement sur la prise en compte des anticipations dans la décision   de consommer ou de ne pas consommer. Avant sa contribution, on considérait que la consommation dépendait du revenu disponible et de lui seul. Hall va montrer qu’on ne peut comprendre l’évolution de la consommation sans prendre en compte les anticipations individuelles du consommateur, par exemple celle qui concerne son salaire ou son pouvoir d’achat. Dans un article fondateur de 1978, il montre que le changement de consommation est imprévisible, ce qui le conduit à conclure que la meilleure prédiction de la consommation ne peut se fonder que sur la consommation du moment, à une variation imprévisible près. (Son ouvrage de   référence : ‘’The 

Rational Consumer :Theory  and Evidence ‘’, MIT Press /Cambridge, Massachusetts 1990)

Michael Woodford enseigne à l’université de Columbia (New York). Ses travaux concernent la version offre de la problématique. Et ce, en analysant la fixation des prix par les entreprises, et plus particulièrement les raisons pour lesquelles , en cas de choc, les prix ne s’ajustaient pas rapidement. Il va montrer que si ces prix pouvaient baisser, cela ne pouvait être que très lentement, leur adaptation au choc nécessitant de multiples, et parfois couteuses, micro-décisions. À partir de ce constat, il va développer, en y intégrant, les travaux de Hall sur la consommation, un modèle macroéconomique beaucoup plus efficace, montrant, par exemple, que l’inflation globale est fonction des anticipations et du niveau actuel de la production, qu’il va intégrer à celui de Hall. Woodford va ainsi influencer les politiques économiques et monétaires du monde entier. Ce qui lui vaudra d’être qualifié par certains du « plus grand économiste monétaire de son temps ». ( Son ouvrage de référence : ‘’ Interest   and Prices :Foundations  of a Theory of Monetary Policy ‘’ Princeton University Press   2003 )

En distinguant un champ de recherche, celui de la nouvelle économie keynésienne, le jury ne pouvait en ignorer le pionner :Robert E .Hall , et celui qui va le plus contribuer à la faire progresser, allant jusqu’à la modéliser avec des applications concrètes : Michael Woodford.

 

 

 

 

 

 

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