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Research Paper
La participation des femmes au marché du travail au Maroc demeure l'un des défis les plus structurels du développement économique et social du pays. Avec un taux d'activité féminin de seulement 19 % en 2023, contre 69 % pour les hommes (HCP, 2024), le Maroc présente l'un des écarts de genre les plus prononcés parmi les économies en développement (Banque mondiale, 2024). Ce Research Paper propose une analyse économétrique rigoureuse et multiniveaux des déterminants de cette participation, en mobilisant les données du Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) 2014. À travers l'estimation d'un modèle logit individuel et d'une modélisation multiniveaux en trois étapes, les résultats révèlent la primauté des facteurs individuels — éducation, statut matrimonial, âge, présence d'enfants — sur les caractéristiques contextuelles provinciales. L'éducation supérieure génère l'effet le plus transformatif, avec un odds ratio de 8,29, tandis que le mariage et la maternité exercent des effets restrictifs significatifs. Les implications pour les politiques publiques soulignent la nécessité d'investissements prioritaires dans l'éducation féminine, le développement de services de garde d'enfants accessibles, la promotion de l'emploi formel rural et le renforcement du cadre juridique de protection.

